November 28, 2025

Les phéromones sexuelles, une alternative aux seuils d’intervention fixes

De la rigidité des seuils fixes à la souplesse du monitoring phéromonal.

Les limites des seuils fixes en protection des cultures


En protection des cultures, les seuils d’intervention fixes – définis comme le nombre d’individus nuisibles observés à partir duquel un traitement est recommandé – ont longtemps servi de référence. Cependant, ils peinent à s’adapter à la variabilité biologique et climatique croissante.

Trop rigides face à la complexité du vivant, ces seuils peuvent conduire à des décisions inadaptées :

• un traitement déclenché prématurément, alors que les conditions naturelles auraient pu limiter l’infestation,

• ou à l’inverse, une intervention trop tardive si la dynamique du ravageur a dépassé le niveau critique plus rapidement que prévu.

Les populations d’insectes ravageurs varient fortement d’une année à l’autre, influencées par les températures, l’humidité, les rotations culturales, ou encore la présence de prédateurs naturels. Dans ce contexte, s’appuyer uniquement sur un seuil chiffré établi à l’avance peut s’avérer inefficace, voire contre-productif.

Des conséquences dans le temps


L’application systématique de traitements chimiques, déclenchée dès qu’un seuil est atteint, pose plusieurs problèmes sur le long terme :

Apparition de résistances : la pression de sélection exercée par des traitements répétés favorise l’émergence de populations résistantes aux substances actives (source : INRAE, ANSES).

Perturbation des auxiliaires : les insectes utiles (prédateurs, parasitoïdes) peuvent être affectés, compromettant l’autorégulation naturelle des ravageurs.

Impacts environnementaux : lessivage, pollution des eaux, effets non ciblés sur la biodiversité.

Plutôt que de se fier à des seuils immuables, une approche plus dynamique et intégréedevient nécessaire. Cela implique une observation fine des dynamiques de population et le recours à des outils de surveillance en temps réel.

Vers une lutte intégrée plus flexible et efficace


Les phéromones sexuelles constituent un outil de monitoring puissant. Elles permettent :

• de détecter précocement la présence d’un ravageur,

• de suivre l’évolution des populations adultes mâles,

• d’anticiper les pics de vol et donc les périodes à risque pour la culture.

Grâce aux piégeages à phéromones, les producteurs peuvent ajuster leurs décisions en fonction de la réalité du terrain :

• éviter un traitement inutile si la pression reste faible,

• intervenir au moment optimal si un seuil biologique critique est franchi (par exemple le pic de vol ou de ponte).

Cela contribue à :

réduire le nombre de traitements,

améliorer la rentabilité par une meilleure efficacité,

préserver les équilibres écologiques,

répondre aux objectifs de réduction de l’IFT dans le cadre de la loi EGAlim ou des CEPP (certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques).

Une protection ciblée, durable et adaptée


Intégrées dans une démarche de lutte intégrée (IPM), les phéromones sexuelles apportent flexibilité, précision et durabilité. Elles s’inscrivent pleinement dans les stratégies modernes de protection des cultures, où l’observation et l’anticipation prennent le pas sur les interventions systématiques.

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